Dior aux Arts Déco

Aujourd’hui j’avais envie de revenir sur une exposition parisienne que je suis allée voir il y a un moment déjà (début octobre) et qui, je trouve, est une visite parfaite à faire en cette fin d’année. D’abord parce qu’elle met en valeur un univers raffiné et clinquant devant lequel on s’émerveille comme un enfant devant les vitrines de Noël des Galeries Lafayette. Ensuite et surtout, parce que cette exposition ferme ses portes le 7 janvier prochain et qu’il serait vraiment dommage de la manquer si vous êtes (même de passage) à Paris !

C’est aux Arts Décoratifs que se trouve actuellement regroupée pour les 70 ans de la maison de couture une collection bigarrée et précieuse dessinée par Christian Dior, « couturier du rêve ». Le créateur, très inspiré, est en effet à l’origine de nombreuses pièces, en grande partie des robes (plus de 300), que l’exposition met en scène dans des ambiances diverses et variées.

Au gré du parcours, le visiteur est invité à traverser différents univers, qui dévoilent les centres d’intérêt « tentaculaires » de cet homme, dont l’empreinte et les amitiés s’étendaient dans le monde de la mode mais aussi de la peinture, du cinéma, du ballet…

Plus qu’un habilleur, Dior fut un révélateur, un chantre : il disait lui-même qu’il ne faisait finalement qu’ « exalter », une beauté naturellement présente chez la femme. Ses créations mettent en valeur des lignes toujours élégantes, féminines avec un dénominateur commun : l’allure.

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Tous les moyens lui sont bons, en effet les robes les plus simples côtoient les plus audacieuses dans cette exposition. La partie Trianon semble tout droit sortie d’un autre temps et pourtant les lignes sont là et la féerie s’installe. Le travail de broderie, le tombé des drapés, le choix des couleurs, délicates, est toujours parfait.

La rêverie continue devant les vitrines regroupant également des objets de mode (chaussures, chapeaux, bijoux…) et des croquis. Le créateur s’essaie aux modèles et aux couleurs même les plus improbables, semblant cerner la beauté des femmes dans leur diversité : féline, chic, extravagante, réservée, ingénue… les silhouettes proposées se dessinent sous nos yeux et semblent encore habitées par la muse qui les a inspirées. C’est le signe certain de la modernité.

Une galerie tout en longueur nous plonge ensuite dans la partie haute-couture de l’exposition, avec des robes très travaillées, davantage destinées aux podium ou soirées de gala. Coupures de mode et défilés sur écran viennent rappeler le succès de la maison et de son maitre à travers les années.

L’exposition se termine en beauté dans la nef du musée : un véritable bouquet final de robes dignes de princesses, toutes plus belles les unes que les autres, et une mise en scène qui fait briller les yeux. Chaque recoin abrite une création différente, les lumières scintillantes projetées sur les murs et les plafonds de la galerie obligent le visiteur à lever le regard et donnent presque le tournis.

Un au revoir réussi qui laisse songeur donc, même si l’on est plutôt content de quitter des salles souvent bondées (seul point noir de l’exposition). Je vous conseille vraiment d’y aller en semaine et en journée pour éviter la foule et profiter de chaque vitrine et de chaque salle comme il se doit. Des visites guidées sont également proposées, même si selon moi le but ultime d’une telle exposition est surtout de susciter le rêve et l’émerveillement.

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CHRISTIAN DIOR, COUTURIER DU RÊVE

Musée des Arts Décoratifs